[INTERVIEW] M. Troclet, retour sur 30 années au sein d'EuroCave

Publié le : 11/01/2018 09:51:23
Catégories : Nos actualités

[INTERVIEW] M. Troclet, retour sur 30 années au sein d'EuroCave

Mercredi 21 septembre 2016, nous avons vécu un moment chargé d’émotions.

A l’occasion des 40 ans d’EuroCave, nous avons invité Monsieur Troclet à nous rendre visite à Fourmies, dans le Nord de la France, afin de faire une visite de notre usine de production.

Il y a 8 ans, Monsieur Troclet terminait sa longue carrière de Chef d’atelier, après plus de 30 ans passés au service de la marque EuroCave.

Sa visite a provoqué une émulsion certaine au sein des équipes avec lesquelles il a tant partagé.

Nous en avons profité pour lui poser quelques questions...


EuroCave : Monsieur Troclet, huit ans après la fin de votre carrière, le temps d’un instant, pourriez-vous remonter le temps afin de nous raconter vos trente années passées au service d’EuroCave ?

Monsieur Troclet :
J’ai commencé chez Bendix en 1966, ensuite je suis rentré aux Manufactures de Fourmies.
J’ai d’abord démarré en fabrication puis je suis passé par tous les postes : de la chaîne, à la maintenance, au magasin d’outillages, en passant par les maquettes…
En effet, juste avant que les Manufactures de Fourmies ne déposent le bilan, il ne restait plus beaucoup de personnel alors nous devions savoir un peu tout faire.
J’étais donc présent lors de la création de ces appareils, les fameuses caves à vin.

En 1980, quand Monsieur Martin a repris la fabrication des caves à vin EuroCave, nous n’étions plus que 3/4 personnes pour redémarrer l’usine…
Avec quelques ouvriers, nous avons relancé tout doucement la fabrication. Heureusement, je connaissais tous les secteurs !

Nous avons redémarré dans des locaux plus petits et c’est un ancien des Manufactures de Fourmies, Monsieur Nicolas, qui en a fait l’implantation.
Nous n’étions pas très nombreux, alors nous étions sur tous les feux.
Pour vous donner un exemple, j’ai "formé" et soudé des évaporateurs... quelque chose que je n’avais jamais fait et qui n’était pas du tout évident ; il fallait de la dextérité. Je me suis également occupé tout seul de toute la maintenance et du développement pendant plusieurs années.

Puis, nous sommes arrivés dans les locaux actuels où j’ai mis en place toute l’implémentation des lignes de production.
Je cherchais en permanence à améliorer les postes. Il était important que l’outil de production gagne en performance et que les postes soient adaptés aux salariés.

Je ne comptais pas mes heures...
Je venais parfois même le samedi et le dimanche !
Il m’est arrivé de devoir travailler pendant mes vacances. Un jour, je vérifiais les machines avant la remise en route et un moteur a lâché… J’ai dû le faire refaire pendant mes congés pour que la fabrication puisse redémarrer à temps.
Mon travail me plaisait tellement, c’était comme si cette société était un peu la mienne.

Et nous étions récompensés ! Monsieur Martin, les premières années, nous a donné une participation sur les bénéfices. Je m’en souviens bien car, à l’époque, ce n’était pas courant.

Puis je suis entré au bureau d’études en tant que chargé de développement.
Nous dessinions à la main à l’époque.
D’ailleurs, quand on m’a installé un ordinateur, je ne faisais que l’allumer et l’éteindre en fin de journée. Je ne l’utilisais pas. Il fallait du temps pour prendre en main l’outil informatique et moi, je n’avais pas ce temps. Il fallait aller vite !

J’avais aussi à charge les tests des appareils dans une chambre climatisée.

Puis, il y a huit ans, j’ai pris ma retraite.

EC : C’est vous qui, à l’époque, conceviez les caves à vin ?

M. T. : Oui, c’est ça, je concevais les appareils.
Aujourd’hui tous les postes sont bien scindés, mais à l’époque, il faut savoir que nous n’étions pas nombreux. S’il y avait des modifications sur les outils de productions, (conformateurs, noyaux, …) c’était aussi moi qui m’en occupais.

EC : Pouvez-vous nous en dire plus sur la conception des caves ?

M. T. : L’objectif était de garantir les critères de conservation du vin.
Pour le vin, il ne faut pas un froid brutal. Nous avons donc beaucoup travaillé sur ce point-là. Le rangement aussi est un paramètre qui a son importance. Pour développer les clayettes, nous sommes partis des bouteilles et nous avons adapté le rangement à leurs contraintes.
J’ai également travaillé sur les plans des premières gammes intégrables et sur les meubles à vin. Tout ça était vraiment passionnant.


EC : Monsieur Troclet, qu’avez-vous pensé de votre visite de l’usine… huit ans après ?

M. T. : Ça fait plaisir de revoir toutes les personnes que j’ai connues et avec lesquelles j’ai travaillé pendant toutes ces années.
Ça m’a rappelé des souvenirs...

Il y en a qui disent sûrement que j’étais dur, mais à l’époque, dans l’atelier on ne rigolait pas. On ne pouvait pas se le permettre. L’ambiance a toujours été bonne mais il fallait que le boulot soit sérieux !
J’imagine que c’est toujours le cas aujourd’hui d’ailleurs.
En tout cas, j’avais une bonne équipe !

EC : Qu’avez-vous pu constater comme changements ?

M. T. : Les implantations ont vraiment évolué. De mon temps, les machines étaient toutes alignées. Les meubles ont bougé en quelque sorte...
Avant c’était les hommes qui se déplaçaient, maintenant ce sont les caves !
C’est mieux organisé, notamment avec le système de repères couleur que vous avez mis en place.

Il y a également l’aménagement des postes qui a beaucoup évolué, avec la mise en place de postes plus ergonomiques, qui s’adaptent à la taille de l’opérateur par exemple.
On voit que c’est moins physique grâce aux nouveaux équipements et aux nouvelles lignes qui facilitent le travail.
Avant, nous portions de lourdes charges à la main, ce n’est vraiment plus le cas aujourd’hui.

J’ai aussi vu les évolutions technologiques apportées aux caves et les améliorations dans les techniques de fabrication.
C’est super, ça évolue !

Mais il y a des choses qui n’ont pas changé : j’ai retrouvé beaucoup de gestes et d’opérations qui sont quasiment les mêmes qu’à nos débuts… Le principe est resté identique.

Il y a une chose qui m’a frappée c’est que la production s’est vraiment féminisée. A l’époque, il n’y avait pratiquement pas de femmes qui travaillaient à l’usine.

En tout cas ça fait vraiment plaisir de revenir ! Il y a de l’amélioration et ça se modernise.
C’est agréable de travailler chez EuroCave.
En tous cas, ils donnent l’impression d’être heureux !

Photos prises lors de la visite de M. Troclet à l'usine EuroCave Fourmies - Nord de la France

M. Troclet lors de sa visite de l'usine EuroCave

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