[INTERVIEW] Rencontre avec M. Danis, qui revient sur la génèse de la cave à vin

Publié le : 10/01/2018 11:57:39
Catégories : Nos actualités

[INTERVIEW] Rencontre avec M. Danis, qui revient sur la génèse de la cave à vin

Le 22 septembre 2016, à l’occasion du quarantième anniversaire d’EuroCave, nous avons eu la chance de rencontrer un homme qui était présent à la création de la marque et qui faisait partie des pionniers à se lancer dans l’aventure de la cave à vin, appelée à l’époque "appareil à conserver les vins".

En 1957, Monsieur Michel Danis-Soufflet débute sa carrière au sein de l’entreprise Bendix où il ne cessera de gravir les échelons, passant du service contrôle qualité au bureau d’études.

De 1946 à 1970, Bendix, fabriquant de la première machine à laver automatique française, était l’un des fleurons de l’industrie française. Son usine de Fourmies était la plus moderne d’Europe, la plus pointue techniquement et le leader sur son marché.

En 1971, l’entreprise ferme ses portes et est reprise sous le nom de Manufactures de Fourmies, qui deviendra par la suite la société EuroCave.

Monsieur Danis devient alors Adjoint au Directeur Technique et Responsable du Contrôle Qualité, et, c’est à ce moment-là, qu’il participe à la conception et la fabrication de la toute première cave à vin.

"J’ai la satisfaction, à ce poste, d’avoir participé à l’étude et à la mise au point du premier prototype et de la mise en production de l’armoire à conserver les vins sous la marque "EuroCave" dont le succès ne se dément pas puisqu’il est toujours fabriqué à Fourmies et exporté dans un très grand nombre de pays."
Source : Bendix Electroménager, des hommes… au cœur des machines…

EuroCave : Monsieur Danis, pourriez-vous nous raconter les tout premiers pas de la cave à vin ?

Monsieur Danis :
Il y a eu instantanément un engouement pour ce produit. On a trouvé l’idée très bonne, on y a cru tout de suite !
J’ai d’ailleurs encore un prototype chez moi.

Dans un premier temps, notre démarche était de chambrer les bordeaux dans la partie haute, de faire vieillir le vin dans la partie intermédiaire et de frapper les champagnes et les rosés en partie basse. Il y avait un thermostat pour chacune des parties. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui une cave multifonctions, ou une cave 3 températures.

C’était le tout premier modèle.
Ensuite, nous avons développé des caves à "température homogène", dans le but de faire vieillir le vin, ou de l’avoir à température de service. L’objectif était de proposer une cave pour la restauration.

En 1976, les Manufactures de Fourmies déposent alors la marque EuroCave pour commercialiser les toutes premières caves à vin.

EC : Techniquement, avez-vous eu à surmonter des écueils ?

M. D : Avec la "mousse", nous avons eu des soucis de mise au point …
Il s’agissait principalement de soucis de température d’injection.
Nous avons fait des tests de densité et nous avons trouvé une solution.
Nous avons aussi eu des problèmes de déformation du coffre mais j’ai vu que depuis vous les aviez réglés.

EC : Une cave à vin, c’est d’abord et surtout, le respect des critères de la conservation du vin. Comment les avez-vous déterminés ?

M. D : Je revois encore l’adjoint s'informer sur les critères de conservation...
Il a rencontré des experts du vin, des vignerons, des sommeliers.  
Le directeur technique, lui aussi, s’est intéressé de près au sujet.
Techniquement, nous avons fait des essais. Notamment dans des "chambres chaudes" (ndl. salles d’essais climatiques), comme nous les appelions. Il n’y avait vraiment pas de normes à l'époque… c'est nous qui la définissions en quelque sorte.
Pour nous, il fallait avant tout qu’une cave à vin se comporte comme une cave naturelle, mais en mieux.

EC : Comment s’est ensuite développé le marché de la cave à vin ?

M. D : Au début, un de nos plus gros clients était Conforama. Puis, le marché des caves à vin s’est rapidement développé à l’étranger. Comme les vins français ont très bonne réputation en dehors de nos frontières, les amateurs se sont dit qu'il fallait utiliser un appareil français pour les conserver, que c’était gage de qualité.

EC : En 1980, les Manufactures de Fourmies ferment…

M. D : … et c’est à ce moment-là que deux investisseurs, dont Monsieur Martin, rachètent la marque EuroCave. Mais je n’étais déjà plus dans l’entreprise à l’époque.

EC : Pour vous, quelles évolutions majeures constatez-vous entre aujourd’hui et vos années au sein de l’entreprise ?

M. D : La gamme EuroCave s’est vraiment étoffée au fil des années, et les designs ont beaucoup évolué. La lumière a été intégrée à l’intérieur des caves, les clayettes ont évolué avec les Mains du Sommelier qui permettent d’accueillir chaque bouteille de manière unique…

Mais ce qui est le plus frappant, c’est la fabrication. Il y a beaucoup de techniques qui n’ont quasiment pas changé ; la table pour former les circuits froids et la piscine pour vérifier qu'ils ne fuient pas sont, par exemple, quasiment identiques à celles que l’on utilisait à l’époque.

Je suis ravi d’avoir eu la chance de pouvoir revenir à l’usine pour voir comment à évoluer ce bel outil de production et vous remercie pour votre accueil.

Je suis très fier de ce fleuron industriel.
Fourmies fut la capitale des machines à laver, elle est maintenant la capitale des appareils à conserver le vin !

 
EC : Merci beaucoup de nous avoir accordé ce moment.
Nous avons beaucoup apprécié vous rencontrer. Votre témoignage nous est précieux.

Photos prises lors de la visite de M. Danis à l'usine EuroCave

M. Danis lors de sa visite de l'usine EuroCave

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